Le premier film d’animation de
Michel Hazanavicius, La plus précieuse des marchandises, a été fabriqué en
partie par Amopix à Strasbourg. Le studio créé par Mathieu Rolin il y a plus de
vingt ans, puis rejoint par son frère Antoine, un studio qui n’en finit plus de grandir.
Le studio Amopix aime à dire que
ses dessinateurs travaillent à l’ombre de la cathédrale de Strasbourg.
Les nombreux visiteurs parisiens, producteurs, réalisateurs, auteurs, de fait
n’en reviennent pas : à la descente du TGV, il suffit de cheminer 10
minutes pour rejoindre les bureaux qui offrent depuis 2016 une vue imprenable
sur l’inspirante façade gothique.
15 salariés permanents
Signe de sa bonne santé, Amopix est
passé de 120 m2 à 200 m2 en investissant
appartements et immeubles contigus. Depuis août, une équipe de 45 personne peut
y travailler, entre la quinzaine de permanents et les fidèles talents qui
collaborent avec eux.
« Ça peut paraître beaucoup
mais on a veillé à l’ergonomie des postes, l’assise, la lumière. Déjà qu’on
fait un beau métier, il faut aussi être bien installé, ça me tient à
cœur », glisse Mathieu Rolin, producteur artistique et heureux gérant
de la boîte qu’il a créée à tout juste 21 ans, en 2002, après son retour des
Etats-Unis où il était parti étudier le cinéma.
Ancrage local
Une succursale avec 6 personnes a
par ailleurs ouvert à Annecy en mars dernier, fief du fameux
Festival du film
d’animation. Amopix ne songe pas pour autant à quitter l’Alsace : son
développement doit aussi à un écosystème local favorable. Le soutien des
collectivités, l’Eurométropole et la Région Grand Est, est essentiel à la bonne
santé des projets. Dans un secteur très largement mondialisé, l’équipe soigne
son ancrage local. Cela passe par le recrutement de collaborateurs de la
région, notamment issus des rangs de la Haute école des arts du Rhin. La
série Les superpouvoirs du vivant a ainsi été réalisée intégralement
sur place. Le financement des collectivités, déterminant, a permis à Amopix,
pour 1 euro donné, d’en « dépenser » 8 localement.
La série
éducative, au ton mi-sérieux, mi-humoristique, actuellement visible au
Vaisseau, à Strasbourg, connaît un joli succès.
Vendue dans le monde entier, jusqu’en Chine, elle va même faire l’objet cette
saison de plusieurs ciné-concerts dans le Grand Est avec le détonant No Limit
Orchestra, lui aussi Strasbourgeois.
Une fratrie aux commandes
Dans l’ADN d’Amopix, l’animation
2D, la création visuelle et le compositing. Cette toute dernière tâche, avant
le montage final et l’étalonnage d’un film, consiste à regrouper toutes les
parties qui constituent un plan afin qu’il soit le plus beau possible.
En 22 ans, la société a largement
diversifié ses activités. Mathieu Rolin coiffe le Studio Amopix, dédié à
l’animation. Antoine Rolin, frère de Mathieu, gère Amopix Lab, tourné
vers la communication, avec possiblement des images réelles - parmi ses
clients, les Musées de Strasbourg, la Bibliothèque nationale de France ou
encore l’Inserm. Nouveauté de cette année, « ça tourne au son », qui
fait de la post-production son, porté par Kinane Moualla. « Il y a
maintenant trois sociétés, trois chefs de poste, trois départements
juridiquement séparés dont la singularité est d’être en plein centre de
Strasbourg », résume Mathieu Rolin.
Des films primés
Hasard du calendrier, trois sorties
importantes se succèdent actuellement au cinéma. Les deux premiers films
ont été sélectionnés au dernier Festival de Cannes. Pour Angelo dans la
forêt mystérieuse, de Vincent Paronnaud (co-créateur de Persépolis avec
Marjane Satrapi), sur les écrans depuis le 23 octobre, ils ont participé à
la stratégie financière ainsi qu’au compositing et à un peu de 3D.
Pour La plus précieuse des
marchandises, de Michel Hazanavicius, à voir dès le 20 novembre, ils
ont fait de l’animation et de l’assistanat d’animation.
Du savoir-faire alsacien disséminé
En ce qui concerne Le Grand
Noël des animaux, à venir le 27 novembre (avec une
avant-première le 24 novembre à 10 h 30 au Cinéma Star de
Strasbourg), ils ont accompagné la réalisatrice Caroline Attia sur toutes les
phases de production de l’un des cinq épisodes, du story-board à la livraison du film.
Sans qu’on le mesure toujours, il y
a donc aux génériques de tous ces films, un peu voire beaucoup du savoir-faire
et de l’excellence de la région.
Extrait des DNA du 16 novembre 2024
- par Myriam Ait-Sidhoum
Pour en savoir plus:
https://amopix.com/