J'ai eu la chance d’être au collège et Lycée au
sein du Gymnase Jean Sturm jusqu'à l'obtention de mon baccalauréat scientifique
en 2009. J’ai très vite constaté la qualité des enseignements dispensés malgré
mon jeune âge : par la bienveillance des professeurs et leur demande de
rigueur, par la variété des supports et interventions proposés.
J’ai réalisé par la suite à quel point cela
m’avait été utile et m’a permis d’apprécier l’apprentissage grâce aux méthodes
transmises, à l’écoute dans un collectif, au soutien des élèves pour qu’ils deviennent le meilleur d’eux-mêmes.
Ce que je retiens est que l’exigence attendue
était bien présente mais que tous les moyens étaient apportés pour que chacun
développe ses connaissances et ses compétences. En plus de poser des bases
solides théoriques, ces années d’adolescence vers l’âge adulte permettent
d’apprendre énormément, la personnalité et le caractère se forgent autour de
valeurs individuelles partagées et d’une ouverture d’esprit qui a été possible
grâce à cet établissement. Les voyages organisés, les échanges dans d’autres pays,
les travaux de groupe, la vie dans l’école sont des souvenirs inoubliables tout
comme la fusion avec Lucie Berger que j’ai vécue en 4ème et qui
a contribué à dynamiser mes années lycées.
Cela m'a beaucoup marqué et apporté dans ma vie
professionnelle et dans ma vie d'adulte aujourd'hui. Je suis infiniment reconnaissante d'avoir pu
effectuer la scolarité au sein du Gymnase, j'ai développé des savoirs-être et
des amitiés précieuses toujours d'actualité.
Mon choix d’orientation
Un élément important a orienté ma trajectoire
professionnelle. Lorsque j’étais en 4ème,
une intervention au sein du Gymnase a été organisée dans le cadre d’un cours
qui s’appelait à l’époque « regards croisés » : elle a retenu
toute mon attention. Il s’agissait du témoignage d’une personne devenue non
voyante à 20 ans et qui a fait preuve d’une résilience et d’un courage
inspirants pour obtenir de nombreux diplômes en nous expliquant que tout était
possible, il suffisait de trouver les moyens de s’adapter. Par la venue et
l’intervention de cette personne et le témoignage de son parcours, j’ai
constaté que l'inclusion de personnes touchées
par un handicap faisait partie du projet éducatif du Gymnase. J’ai
particulièrement été touchée par la possibilité de militer et soutenir des
droits pour des personnes qui au-delà d’un handicap ou d’une différence sont tout
d’abord des citoyens qui devraient accéder aux mêmes possibilités :
l’éducation, la culture, le logement, l’emploi et bien sûr la santé.

J’ai commencé par m’inscrire au
Secours Populaire Français en tant que bénévole pour du soutien scolaire à des
élèves qui avaient de lourdes pathologies puis j’ai poursuivi cet engagement en
passant mon diplôme des premiers secours à la Croix Rouge. Toutes les personnes
rencontrées ont renforcé mon envie déjà présente de trouver un métier avec une
utilité sociale qui ferait sens, pour allier convictions personnelles et
ambitions professionnelles.

Après le Gymnase
Au cours de mes années d’études, j’ai pu
bénéficier d’un cursus
pluridisciplinaire : d’un baccalauréat scientfique
à une prépa HEC puis un double master 2 à Science Po Strasbourg et en Droit
Economie et Gestion, mes affinités avec le secteur du médico-social se sont
renforcées au gré de mes stages et de ma curiosité. J’ai eu l’opportunité
d’effectuer un stage au sein de l’Etablissement Français du Sang à Strasbourg.
J’ai pu comprendre le fonctionnement d’un centre de prélèvement et de
traitement du sang avec l’humain au cœur du processus. J’ai effectué un second
stage aux Hôpitaux
Universitaires de Strasbourg dans la Direction Qualité, qui
m’a permis de comprendre des mécanismes d’une administration de santé publique,
d’acquérir le langage professionnel adapté et de saisir les ,enjeux de gestion
associés à l’accompagnement de patients : j’ai réalisé mon mémoire sur la
prise en charge de la douleur et déjà ces thématiques m’interpellaient, je
confirmais mon projet professionnel de m’engager dans une structure médico-sociale
tournée vers l’humain. A la fin de mes études, lorsqu’on m’a proposé un
poste au sein d’un cabinet d’audit et d’expertise comptable : j’ai saisi
l’opportunité. Cela m’a permis d’acquérir une méthodologie de travail précise
en développant mes connaissances en finance mais surtout dans la gestion d’une
équipe sur des semaines de travail de 65 heures. Je me suis attachée à
organiser mes missions par une démarche d’écoute active en apportant confiance
et accompagnement sur mesure.
Je poursuivais toujours à cette époque l’idée de
trouver ma place au sein d’une organisation plutôt médico-sociale et c’est
ainsi que j’ai postulé à l’offre de chef de projet régional sur le Grand Est au
sein d’APF France handicap après deux ans chez KPMG. J’ai réalisé à quel point
le secteur de l’économie sociale est solidaire était important et pouvait mener
aussi à de belles carrières : je suis devenue après quelques années
Directrice Territoriale Alsace pour APF France handicap (association nationale
de 550 structures et 14 000 salariés de défense et représentation des
personnes handicap et leur famille).
Mon cursus universitaire est une base solide qui
me permet d’avoir les capacités d’apprentissage et de travail indispensables à
l’exercice de mon poste actuel : j’ai pu acquérir des compétences en
gestion de projet et en pilotage des organisations et j’ai surtout appris à
trouver des solutions : ce qui est indispensable pour répondre aux attentes des
bénéficiaires en situation de handicap et pour répondre aux exigences de
l’environnement dans lequel s’inscrit une association nationale reconnue
d’utilité
publique depuis 90 ans. J’ai à cœur d’être force de propositions, je
mets en œuvre des initiatives en développant les ressources financières en
coopérant avec les salariés, élus, bénévoles, adhérents et en échangeant avec
les acteurs politiques et institutionnels alsaciens.
Ces compétences que je mets en œuvre en impulsant
et coordonnant différents projets ; en me basant sur un fonctionnement
participatif et démocratique. Nous avons pour exemple conçu élaboré et fait
financer un Escape Game pour sensibiliser aux handicaps. Ce dispositif
ludo-pédagogique du nom d’Handigmatic se déplace à ce jour partout en France
pour intervenir auprès de structures comme les DNA, Disneyland, Orange ou même
le PSG.
Les évolutions de mon domaine professionnel
Quels conseils pourrais-je donner ?
La formation doit être en adéquation avec le
projet professionnel d’une personne, projet qui se doit parfois d’être muri et
peut demander des changements d’orientation. L’important est de trouver les
interlocuteurs compétents dès le collège, lycée afin d’identifier les
compétences et qualités innées déjà présentes pour les révéler et les
développer. Il n’y a pas une qualité personnelle meilleure qu’une autre, car
chacune permet de trouver son domaine d’excellence. Il convient d’être attentif
à ce qui nous correspond vraiment sans se comparer : la compétence
personnelle la plus importante est la bienveillance tout d’abord envers soi
puis envers les autres.
L’importance des expériences et les réflexions
sont essentielles pour relever n’importe quel défi, tout est possible !