Alumni du GymnaseLucie Berger & Jean Sturm
Jean-Claude Graeff, un homme de confiance au service des jeunes
Gymnase - Evénements14 septembre 2026

Jean-Claude Graeff, un homme de confiance au service des jeunes

La disparition de Jean-Claude Graeff, le 3 août dernier, touche profondément tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui et de partager son engagement au service de l’éducation.

Son parcours témoigne de la place essentielle que l’École a occupée dans sa vie. Professeur agrégé d’allemand, après avoir notamment enseigné pendant seize ans au lycée Jean-Monnet de Strasbourg, il rejoint le Gymnase Jean Sturm en 1997. Il y devient proviseur-adjoint en 2002 puis, en 2005, principal du collège et responsable du site de Lucie Berger, jusqu’en 2012 dans le cadre de la fusion entre Jean Sturm et Lucie Berger.

Mais derrière ces fonctions et ces dates, il y avait surtout un homme profondément attaché aux jeunes et à ceux qui avaient la responsabilité de les accompagner.

J’ai eu la chance de travailler très étroitement avec Jean-Claude durant ces années décisives. Alors que j’étais en charge de la direction générale de l’ensemble éducatif, il avait la responsabilité du collège. Nous formions, je crois pouvoir le dire, un véritable binôme. Je savais que je pouvais lui faire entièrement confiance.

Dans les périodes heureuses comme dans les moments plus difficiles – et la vie d’un établissement scolaire en connaît nécessairement –, Jean-Claude avait une qualité particulièrement précieuse : il savait prendre du recul. Il ne se laissait ni gagner par l’agitation ni entraîner par les réactions immédiates. Il écoutait, réfléchissait, mettait les événements en perspective. Et très souvent, par quelques mots simples, il contribuait à ramener de la sérénité là où elle risquait de manquer.

Notre confiance était telle que je lui demandais de relire tous les textes importants que nous adressions à la communauté éducative. Ce pourrait n’être qu’un détail. Pour moi, ce n’en était pas un. Je connaissais la sûreté de son jugement et son attention aux mots. Il savait repérer une formulation maladroite, une ambiguïté, parfois simplement une phrase susceptible d’être comprise autrement que nous ne l’avions souhaité. Et il acceptait toujours cette tâche avec la même disponibilité.

Cette manière de travailler disait beaucoup de Jean-Claude : il ne cherchait jamais à occuper le devant de la scène. Il était là, fidèle, attentif, exigeant lorsqu’il le fallait, toujours soucieux de l’intérêt des jeunes, des personnels et de l’institution.

Son engagement trouvait naturellement sa place dans la tradition humaniste et protestante du Gymnase : une école ouverte à tous, respectueuse des convictions de chacun, qui entend former non seulement des élèves mais des personnes libres, responsables et attentives aux autres.

Et lorsque vint le temps de quitter ses responsabilités de direction, son engagement ne cessa pas. Président de la Croisée des Chemins, engagé auprès des Diaconesses, puis président du Conseil scolaire de la Fédération protestante de France, il continua à mettre son expérience au service de l’éducation et des institutions protestantes. Cet engagement prolongeait celui qu'il avait depuis longtemps dans l'Église.

Beaucoup se souviendront de l’éducateur et du responsable d’établissement. Pour ma part, je garderai aussi le souvenir du compagnon de route. Nous avons partagé des responsabilités, des décisions, des inquiétudes et des satisfactions. Dans ces années où se construisait progressivement ce qui allait devenir le Gymnase Lucie Berger – Jean Sturm, savoir Jean-Claude à mes côtés était précieux.

Il était de ces personnes dont la présence rassure parce que l’on sait qu’elles seront là lorsque les circonstances deviendront plus difficiles. Un homme sur lequel on pouvait compter, un homme de conviction et de mesure, un homme de confiance.

Et, tout simplement, un ami.

Jean Pierre Perrin, ancien proviseur et membre du Comité des Alumni