Formation initiale
Ce que j'ai retenu de ma formation au Gymnase sont toutes les opportunités
d'implications et d'explorations que ces années m'ont apportées. En effet, j'ai
toujours été déléguée mais également impliquée au Conseil de Vie Lycéenne et au
Conseil Académique de la Vie Lycéenne. Deux expériences qui ont su forger des
habiletés en prises de parole sur des sujets qui me tiennent à cœur. Je retiens
également l'excellence de l'option Arts Plastiques mené par Sauveur Pascual qui
a su affiner mon esprit critique et m'ouvrir sur différentes perceptions de la
réalité. Mais aussi toutes les activités proposées par l'école comme le Ludwig
Van Club de Pierre Zimmer et bien d'autres. Si on veut s'impliquer au Gymnase,
on peut et ça nous amène loin !
L'élément qui a le plus impacté ma vie au Gymnase aura été mon redoublement
de première. Avant cela, je n'arrivais pas à trouver de sens dans ce que l'on
apprenait en classe. L'opportunité de prendre du recul et de faire un second
départ pour mon dossier a été déterminant dans mon cheminement.
Différents professeurs et personnes travaillant à l'administratif m'ont
beaucoup soutenu durant cette période et je les en remercie.
Après le Gymnase

Après le Gymnase je suis partie au Québec compléter une licence en
Communication et Politique à l'Université
de Montréal. Ces trois années ont été une expérience formidable qui m'a
beaucoup appris autant sur le plan universitaire qu'humain. À travers ces
années d'études, je me suis plus particulièrement intéressée à la politique
municipale et à l'organisation des villes. Cet intérêt m'a permis de travailler
pendant quelque temps en urbanisme notamment à travers la promotion de la
piétonisation et des espaces verts mettant de l'avant la biodiversité de la
faune et la flore dans la ville de Montréal.

Après une période d'hésitation et un
magnifique voyage au Mexique qui m'a fait découvrir ses couleurs et sa culture,
je suis revenue à Montréal poursuivre mes études et compléter un master en
Management des entreprises culturelles à HEC Montréal. Diplôme qui a résulté
sur une spécialisation en philanthropie culturelle, c'est-à-dire la recherche
de financement privé et le lien avec les donateurs. J'ai travaillé dans ce
domaine pour des organismes culturels en arts vivants. Après plusieurs années à
Montréal, j'ai décidé de revenir vivre à Strasbourg et continuer l'évolution de
ma carrière dans la gestion et le développement des arts et de la culture.
Selon moi, et la pandémie nous l'a bien démontré, l'humain a besoin d'être
en contact avec la créativité, que ce soit la sienne ou celle d'une autre
personne, un lien invisible se tisse entre l'art et l'homme. Il est
le reflet
de notre société, de son fonctionnement et de nos pensées. Travailler dans ce
domaine, que ce soit en tant qu'artiste et/ou gestionnaire, amène une
stimulation constante à travers le travail. Plusieurs opportunités se trouvent
dans ce domaine, et les différents modèles de financement également. Un
inconvénient de travailler dans un domaine qui nous fait vibrer est la
nécessité de poser ses limites afin de ne pas s'épuiser.
Quels conseils donner ?
Travailler dans le milieu culturel, et dans la recherche de financement
nécessite un juste mélange entre savoir-faire et savoir-être. Le savoir-faire
se trouve dans tout l'aspect gestion de projet, rigueur dans le travail et sens
des priorités, et le savoir-être se trouve dans le respect et les bonnes
relations à entretenir avec la sphère qui nous entoure. C'est un milieu ou le
réseau compte beaucoup, et il n'est pas difficile

de s'en créer un dans la
mesure où on est passionné et engagé. Il ne faut pas avoir peur d'aller toquer
à des portes et montrer son intérêt pour le domaine. Je pense que de
constamment se tenir informé de ce qu'il se passe dans le milieu culturel,
autant au niveau artistique que des bonnes pratiques organisationnelles et
managériales, est un point avantageux pour se démarquer du lot.
Il faut faire attention
à ne pas s'oublier dans son travail, on ne peut pas porter des projets
résilients et de grande ampleur si nous même nous ne sommes pas résilients.
Souvent, on veut bien faire, et se dévouer mais il y a une juste limite à
trouver entre ambition et course à l'épuisement. Il convient également d'être attentif
aux salaires qui peuvent être parfois très bas alors que le travail demandé
mérite bien mieux. Afin de pallier la précarité du milieu culturel, il faut
savoir se faire entendre et collectivement changer les normes et les manières
de faire. C'est un domaine nécessaire et qui mérite des salaires
convenables.
Étudier à l'étranger
En partant au Québec je voulais découvrir une nouvelle manière de penser,
d'être. Passionnée de politique, étudier ce domaine dans un territoire
revendiquant son indépendance me plaisait beaucoup. Je voulais également sortir
du cadre hiérarchisé de la France.
Cela a été une expérience extraordinaire qui m'a vraiment permis d'être une
adulte tournée vers l'autre et vers ce qu'il a à nous apprendre. Je pense que
si nous avons l'appel d'aller étudier ou vivre dans un autre pays, il est tout
à fait opportun d'écouter son intuition et de tout faire pour y arriver car
c'est une étape qui vous transformera à coup sûr.